En route vers un meilleur système de transport en commun
Hugo PRÉVOST
Si l’annonce de la tenue d’une étude sur les comportements des montréalais par rapport aux transports en commun et à l’intégration possible du vélo dans ce système avait fait les manchettes au début de l’été, le dévoilement des résultats de ladite étude, il y a près de deux semaines, a fait grand bruit, et pour cause; les chiffres avancés par le service de vélo Bixi quant à l’économie de CO2 seraient erronés. Il y a toutefois plus que cette simple information dans les résultats de cette étude. C’est pourquoi l’une des responsables de cette enquête, Julie Bachand-Marleau, a bien voulu nous en dire davantage sur la question.
L’étude en elle-même, nommée The much anticipated marriage of cycling and transit: But how will it work? – Le très attendu mariage entre le cyclisme et le transport : Mais comment cela fonctionnera-t-il? -, consiste en une enquête Internet réalisée auprès de 1432 répondants qui ont chacun donné leurs préférences en matière de transport, que ce soit l’automobile, le transport en commun, le vélo, ou une combinaison de ces trois options.
« Certains résultats principaux sont particulièrement intéressant, lance tout de go Mme Bachand-Marleau. Soixante-trois pour cent des gens étaient intéressés à intégrer le vélo dans leurs déplacements en transport en commun. Cela montre qu’il y a du potentiel pour ce type de déplacements. Nous avons également découvert qu’il y avait une distinction entre différents types d’usagers. »
Selon l’étudiante à la maîtrise en urbanisme de l’Université McGill, les individus utilisant régulièrement le vélo dans leurs déplacements conjoints sont intéressés par la possibilité de déposer leur vélo aux stations de transport en commun avant de poursuivre leur trajet. Les utilisateurs occasionnels, eux, seraient davantage portés à transporter leur vélo dans le véhicule de transport en commun. « Cela nous montre qu’il y aurait différents types de mesures qui pourraient être implantées pour optimiser ces déplacements », explique Mme Bachand-Marleau. Si la pratique du transport du vélo dans les véhicules est relativement courante dans de nombreuses villes américaines et européennes – voire même au Québec, selon l’étude -, de tels supports sont absents des véhicules de la Société de transport de Montréal (STM), que ce soit dans le métro ou dans les autobus.
Du côté des autobus, c’est majoritairement une opposition syndicale qui empêche l’installation des dits supports, Julie Bachand-Marleau précise qu’il est également très difficile d’envisager l’apparition de points d’ancrage pour vélos dans le métro, le réseau étant saturé sur la ligne orange. Les vélos sont cependant permis dans le réseau du métro, en dehors des heures de pointe.
Identifier les priorités
Lors de leur enquête, Mme Bachand-Marleau et ses collègues ont établi une liste de quatre priorités pour l’intégration du vélo au système de transport en commun lors d’un déplacement vers une destination, soit le vélo-transport en commun-marche (qui a obtenu 21 pour cent des choix des répondants), la marche-transport en commun-vélo, le vélo-transport du vélo en transport en commun-vélo (la plus populaire chez 60 pour cent des répondants) et, finalement, le vélo-transport en commun-vélo.
Parmi les gens intéressés à combiner les modes de transports, 40 pour cent d’entre eux s’en serviraient pour des trajets réguliers – l’école, le travail -, tandis que les autres utiliseraient ce mode pour des trajets irréguliers. En fait, l’étude souligne que de bonnes installations de stationnement de vélos aux stations de transport en commun seraient un atout pour les utilisateurs réguliers, tandis que des supports à vélo dans les autobus et dans le métro conviendraient davantage aux « cyclistes du dimanche ».
Que faire pour développer davantage l’offre en transport en commun à Montréal? L’avis de Julie Bachand-Marleau est clair : « Le transport en commun n’est pas rentable. Il faut que les gouvernements investissent! ».
La question du BIXI
Service de libre-utilisation de vélos, le BIXI a énormément fait parler de lui depuis l’an dernier, date de son inauguration. Avec ses 400 stations, et une expansion vers les quartiers plus éloignés du centre-ville, le système est bien implanté. Toutefois, l’étude à laquelle à participé Julie Bachand-Marleau est venue mettre au clair les questions d’économies de carburant et de production de CO2 relatives à l’utilisation du BIXI. En fait, seulement dix pour cent des usagers remplaceraient un déplacement en taxi ou en voiture par le BIXI, une statistique soulignée dans les différents médias.
« La couverture sur la section BIXI de notre étude n’était vraiment pas proportionnelle à la place qu’elle occupe dans notre rapport. C’est sûr que nous avons trouvé ça intéressant comme constat, mais je comprends que cet aspect soit plus vendeur, plus accrocheur pour les journaux. En fin de compte, ce qui est bon pour nous, c’est d’avoir une couverture médiatique », explique Mme Bachand-Marleau, expliquant que les futurs travaux allaient sans doute connaître une plus grande notoriété médiatique.
Les principales recommandations de l’étude, regroupées dans un document-synthèse, seront présentées aux organismes responsables de la gestion du transport dans la grande région métropolitaine, soit la STM, mais également l’AMT, la STL, la RTL, et sans doute d’autres institutions.
Pour plus d’informations, visitez le site du TRAM
Dans la catégorie: À la une • Science et Environnement • Société
Mots-clef: À la une, autobus, bixi, co2, étude, heure de pointe, julie bachand-marleau, métro, montréal, pollution, Science et Environnement, Société, statistiques, transport en commun, vélo

