Nouvelle offre dans la distribution de contenu médiatique

Hugo PRÉVOST

L’objet est carré, un peu lourd, et censé – encore – révolutionner le monde des médias imprimés. Que le iPad soit effectivement révolutionnaire ou non ne dépend pas de l’entreprise Piranha Agence Tactique, mais son président, Dominic Gagnon, espère bien séduire suffisamment de groupes de presse pour rentabiliser sa nouvelle plate-forme de distribution de contenu.

Photo : Agence Piranha

La solution de cette compagnie de Québec? PAKU, une technologie de distribution de contenu et d’intégration multimédia sur les plates-formes mobiles; en clair, une version améliorée, plus interactive de votre journal ou de votre magazine.

«C’est un système qui fonctionne déjà pour des catalogues et des dépliants, explique M. Gagnon au téléphone. Par contre, c’est spécialement adapté au monde l’édition, avec un modèle de distribution de fichiers en format PDF.»

La plate-forme PAKU, qui se vend comme une application téléchargeable sur un téléphone intelligent vient se frotter aux applications gratuites déjà disponibles pour nombre de grands médias, que l’on pense à Radio-Canada ou à Cyberpresse, par exemple. De plus, des journaux sont déjà disponibles en version électronique pour un prix souvent inférieur à celui de l’abonnement papier.

Ainsi, les quotidiens sont déjà accessibles à partir d’un ordinateur, mais ce que Dominic Gagnon vise véritablement avec PAKU, c’est à la fois la mobilité et le multimédia, dit-il. «Nous voulons offrir une expérience de lecture de type magazine, plutôt qu’un contenu HTML pour les applications mobiles. Notre page de journal sera interactive, et nous pourrons éventuellement y intégrer une section pour les commentaires, des blogues, des vidéos…»

Le plus grand marché pour PAKU n’est cependant pas le Québec, du moins pas encore. C’est plutôt l’Europe qui est en tête de file, avec de grands noms comme Le Parisien, Commerce International et Télérama qui offrent du contenu sur iPhone et iPad via l’équivalent européen de PAKU. «Télérama a même un flux télé en direct et donne également accès à de la radio», précise Dominic Gagnon. Au total, ce seraient huit à dix clients du Vieux Continent qui achèteraient actuellement les services de Piranha, avec cinq à six nouvelles applications à venir dans les prochains mois.

Et le contenu, dans tout ça?

Au bout du fil, le président de l’agence se veut rassurant : «Nous aurons toujours besoin de contenu, peu importe la plate-forme utilisée et le médium. Après tout, il s’agit de la même page que la version du journal papier».

Selon M. Gagnon, le support papier est appelé à se transformer, et non pas à nécessairement disparaître. Cela laisserait prévoir, ajoute-t-il, des magazines nichés, plus ciblés. Au Québec, les groupes de presse seraient encore au stade de l’étude de faisabilité; Dominic Gagnon glisse cependant que deux ou trois magazines et journaux vont annoncer prochainement leur présence sur la plate-forme PAKU. Lesquels? Mystère.

Au final, la distribution numérique de contenu confirme ce que plusieurs savent déjà : en étant moins cher et plus rapide, ce mode de publication forcera sans doute les grands médias papier à revoir profondément leur stratégie. Pas que les emplois soient nécessairement menacés dans la salle de presse; c’est davantage du côté de l’imprimerie que la pression se fera de plus en plus sentir dans les prochaines années, semble-t-il.

Ce texte a déjà été publié sur le blogue du Trente

Dans la catégorie: Société

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