L’Ontario se lance dans le jeu en ligne
Hugo PRÉVOST
La Société des loteries et des jeux de l’Ontario (OLG) a annoncé hier son intention de développer des produits de jeu en ligne, emboitant ainsi le pas à ses homologues de la Colombie-Britannique, des provinces de l’Atlantique et de certains membres de l’Union Européenne, dont le Royaume-Uni et les Pays-Bas.
« Au Canada et ailleurs dans le monde, le commerce en ligne fait partie de notre quotidien, et OLG se réjouit à la perspective d’entreprendre le processus de consultation sur le jeu en ligne et d’accroître son marché dans l’avenir », a affirmé Paul Godfrey, président du conseil d’administration d’OLG.
L’organisme vise sans aucun doute à contrer le jeu en ligne non réglementé, puisque les Ontariens dépensent chaque année près de 400 millions de dollars auprès de casinos virtuels et autres fournisseurs non-reconnus par la province. Ces 400 millions seront autant de dollars que l’OLG aura alors la possibilité de récupérer en se suppléant à ces sites non couverts par l’organisme.
Appréhendant les questions de santé publique concernant les problèmes de jeu compulsif, l’OLG s’est engagé, par voie de communiqué, à mettre en places plusieurs mesures destinées à aider les joueurs à « respecter leurs limites ». Parmi ces dernières, on retrouve l’obligation de s’inscrire avant de pouvoir miser, l’offre de services de traitement gratuits pour les joueurs pathologiques, des outils pour alerter les joueurs de comportements alarmants, la nécessité de fixer à l’avance le montant maximal à miser au courant de la session de jeu, ainsi que la possibilité de s’autoexclure du jeu en ligne.
Un précédent québécois
Cette annonce n’est pas sans rappeler le lancement d’une aventure semblable de Loto-Québec dans le jeu en ligne. Le gouvernement du Québec avait autorisé, le 3 février dernier, la société d’État à développer des produits de jeu sur Internet, « suscitant du coup l’étonnement chez ceux qui déploraient l’absence totale de débat portant sur les conséquences sociales d’une telle expansion », rapportait Le Devoir dans son édition du 4 février 2010.
À l’époque, le ministre des Finances, Raymond Bachand, avait estimé à entre 40 et 60 millions de dollars le dividende que de tels produits en ligne donneraient à Loto-Québec l’occasion de verser à l’État. Cette annonce avait été mal accueillie par le Parti Québecois et Québec Solidaire, mais aussi par la Direction de santé publique de Montréal.
Toujours selon les chiffres de Loto-Québec, le jeu en ligne croîtrait au rythme annuel de 30%. Aux États-Unis, des services comme PartyPoker sont d’ailleurs devenus des incontournables du jeu à l’argent sur Internet.
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