Ceci n’est pas une histoire de dragons, mais plutôt une entrevue
Hugo PRÉVOST
« Bonjour Hugo! »
Le journaliste de Pieuvre.ca se retourne, et lève inconsciemment les yeux; Mathieu Handfield, s’il n’a rien d’un géant, est tout de même d’une taille plus grande que la normale. C’est en partie de cette différence qu’est née l’idée d’écrire Ceci n’est pas une histoire de dragons, le deuxième ouvrage de l’acteur, comédien, réalisateur et cinéaste qu’est aussi Mathieu. Entre deux bouchées d’un tardif bagel, ce dernier a bien voulu répondre à quelques questions.
Attablés dans un café-bistrot près du marché Jean-Talon, intervieweur et interviewé devisent à propos de ce roman format poche qui raconte l’histoire de Napoléon, un géant malheureux qui décide, avec l’aide d’un nain mégalomane, d’agrandir littéralement la ville pour être enfin à l’aise (vous pouvez d’ailleurs en lire notre critique ici). Quid, d’ailleurs, du titre Ceci n’est pas une histoire de dragons? « J’étais en train d’écrire le premier livre, Vers l’Est, et, lors d’un party, j’ai été mis au défi d’écrire un bouquin s’intitulant Ceci n’est pas une histoire de dragons. Au début, c’était une histoire vraiment straight qui se déroulait entièrement dans un bureau, puis ça a déboulé et c’est devenu le roman dans sa forme actuelle », explique l’auteur.
Ce livre aurait d’ailleurs été écrit en plein processus de rédaction du premier ouvrage de Mathieu, Vers l’Est. « J’avais besoin de me changer les idées », confie ce dernier. Le manuscrit, rangé sur les tablettes pendant un certain temps, a finalement revu la lumière du jour, avant d’être modifié pour être publié. « Ça a été très vite, la maison d’édition (Les éditions de Ta Mère, NDLR) voulait le sortir rapidement. » Au final, après un an et demi de création, Ceci n’est pas une histoire de dragons a vu le jour.
« On n’y pense pas, mais je suis vraiment toujours mal assis, enchaîne Mathieu. Mon livre est donc en quelque sorte ma petite vengeance polie. La question de taille normale pour le mobilier et un paquet d’autres choses ne me convient pas, et j’ai décidé d’amener ça un peu plus loin avec Napoléon. Est-ce que son malheur est lié à sa taille, ou à la vision qu’il en a? Au début, les personnages qui l’entourent, ses collègues de travail, le trouvent agréable, gentil, travaillant; c’est plutôt lui qui se crée son propre malheur, son désespoir. »
Au travers du livre, on s’aperçoit que le seul « compagnon » de Napoléon est en fait Hubert Médent, le nain mégalomane qui en vient à accomplir la vision de Napoléon, soit d’agrandir vêtements, meubles, et même immeubles pour accommoder sa vision du monde. « Il faut faire attention, nuance cependant l’auteur, Hubert est plutôt l’alter-ego de Napoléon, son penchant maléfique, si l’on veut. »
« Je ne crois pas, en fait, que les « exclus » de la société doivent se tenir ensemble, voire même qu’ils sont exclus. J’ai un jour rencontré une personne de petite taille qui avait décidé d’être en colère contre sa situation. J’ai plutôt décidé d’en tirer le maximum. »
Cela ne veut pas dire, par contre, que le fait d’être grand n’a pas de désavantages. Rôles perdus et donnés à d’autres, plus petits, propositions pour jouer des « grands nigauds »… Mathieu Handfield trouve cependant de plus en plus sa place, et a l’occasion, tel Napoléon dans son histoire, de prouver au monde qu’on peut être « différend » et réussir à faire ce que l’on aime dans la vie. Pas besoin d’agrandir une ville pour ça!
Aucun risque, au final, de voir Montréal prendre de l’expansion vers le haut dans un proche avenir. « Mais une chose est sûre, lance Mathieu, l’air narquois : dès que j’en aurai les moyens, je me fais construire une maison adaptée à ma taille! »
Dans la catégorie: Culturel
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