Fantasia – Métropolis, le film qui inspira tous les autres

Hugo PRÉVOST

Grandiose, et le mot est faible. Le public montréalais – nombreux – a eu droit hier à une projection d’une version longtemps perdue du classique des classiques de la science-fiction du maître de l’expressionnisme allemand Fritz Lang. Près d’un siècle après sa première diffusion, Métropolis fait encore courir les foules, d’autant plus qu’un orchestre québécois, sous la direction de Gabriel Thibodeau, offrait une trame sonore montréalaise pour accompagner ce monument cinématographique.

Difficile de rester de glace devant un tel spectacle; tout d’abord, la salle Wilfrid-Pelletier de la Place-des-Arts confère toujours un lustre certain aux événements s’y déroulant. Si ce n’est de la moyenne d’âge des spectateurs, nettement plus basse que lors des concerts de l’OSM ou des représentations de l’Opéra de Montréal, l’on sentait que cette soirée serait spéciale. Et soudain, l’orchestre s’élance, les premières images sont projetées sur l’écran, et l’on retourne près d’un siècle en arrière. Les aventures du fils du dirigeant d’une titanesque ville de verre et d’acier charment une nouvelle génération de spectateurs. La trame sonore, toujours en phase avec le film, ajoute une touche d’authenticité, une unicité remarquable à l’ensemble. Si ce n’est de l’accoutrement des gens dans la salle, on pourrait se croire revenus à la fin des années vingt.

À l’écran, le film a particulièrement bien vieilli; les costumes sont d’époques, et les acteurs jouent un peu trop leur rôle – il s’agit d’un film muet, après tout! -, mais l’émerveillement est au rendez-vous. Et quel film! Pas difficile de comprendre que pratiquement la totalité des films de science-fiction se soient inspirés de ce chef-d’oeuvre; technologie, valeurs humaines, organisation de la société, religion et autres luttes de classes se télescopent et s’entrecroisent avec brutalité et passion dans ce long-métrage aux accents bibliques. Les nouvelles bobines, découvertes en Argentine, ajoutent près d’une demi-heure à un film durant déjà 120 minutes. Le grain des nouvelles images, non-restaurées, ajoutent une couche de charme au tout. On notera d’ailleurs la triste absence de certaines séquences, sans doute perdues à jamais, remplacées par des descriptions de l’action.

Métropolis est l’un de ces films immortels, porté par une esthétique et une réalisation sans faille, qui continuera longtemps de non seulement influencer le cinéma moderne, mais également de colporter un peu de l’esprit de l’époque, figé à jamais sur pellicule.

Dans la catégorie: CulturelFantasia 2010

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