Fantasia – L’opulence et la beauté des courts-métrages québécois

Hugo PRÉVOST

Le Fantastique Weekend du court-métrage québécois a toujours été une créature particulière du Festival Fantasia. Concentré sur quelques jours, cette grand-messe des réalisateurs québécois de courts s’est déplacée cette année à l’excellente salle du cinéma Impérial – beaucoup plus confortable, et de loin, que la salle J-A De Sève habituellement utilisée à cette fin, à l’Université Concordia. Cette année, ce ne sont pas moins de 130 de ces courts-métrages qui ont été projetés devant un public curieux, mais clairsemé. Voici quelques-uns de nos coups de coeur.

Love and Volts (Normand Daneau)

Love and Volts

Dans un petit village, un producteur de porcs s’éprend de la propriétaire d’une animalerie, qui est repoussée par son travail. Il fera alors tout pour la séduire. Si le scénario est un peu léger, la réalisation est intéressante, et le fait de pouvoir communiquer un message sans utiliser de dialogues est un plus. Quelques bons gags.

La cloison (Maxime-Claude L’Écuyer)

Véritable projection de l’isolement, La cloison suit un homme et une femme, voisins de chambre d’hôtel, mais incapables de se rejoindre. Ils finiront plutôt par prendre du plaisir, mais chacun de leur côté. Belle approche de la solitude moderne.

La chaîne (Martin Saulnier)

Hommage indéniable à THX 1138 de George Lucas, La Chaîne se rapproche également du thème de La Matrice en exploitant la question de l’identité personnelle dans un monde de machines, et du désir inhérent à tout humain de s’affranchir de ses entraves. La direction photo est plus qu’intéressante.

NTNE (Étienne Gravrand)

N.T.N.E.

Essai audacieux sur un jeu bien connu, le Scrabble. Dans une pièce exigüe, deux joueurs se font face, et sont en compétition pour obtenir le pointage le plus élevé. Étrangement, cependant, les mots composés par un joueur se transforment en avantage ou désavantage pour l’autre joueur. La chute est surprenante.

Fringale nocturne (Françoise Provencher)

Petit film de vampires tourné avec un budget réduit, Fringale Nocturne prouve qu’il est possible de faire quelque chose de rigolo, même sans budget développé. Chapeau, surtout, à l’inclusion d’une bonne blague de physique sur la conservation de la masse, alors que le vampire, surpris par la lumière du jour, disparaît dans un nuage de fumée.

Crémage bleu (Jules Saulnier)

La banlieue cessera-t-elle jamais de nous fasciner par son côté kitsch? Une fête d’anniversaire, déjà quétaine au possible, dégénère lorsque le voisin débarque avec un cadeau particulier. Malaises, silences gênés et murs blancs sont foison. Bien rigolo.

Danse macabre (Pedro Pires)

Lorsque les doigts glacés de la mort se conjuguent à la danse, il en ressort ce bijou d’esthétisme sombre, porté par une musique classique solennelle et une splendide interprétation de la part de la danseuse AnneBruce Falconer. À voir.

À l’an prochain pour une nouvelle édition du Fantastique Weekend des courts-métrages québécois!

Dans la catégorie: CulturelFantasia 2010

Mots-clef: , , , , , , , , , , ,

Répondez




Afin d'ajouter une photo à vos commentaires, veuillez obtenir un identifiant Gravatar.