Fantasia – The Human Centipede, ou comment ne pas s’embarrasser des détails

Hugo PRÉVOST

Représentation de minuit 15, très tôt dimanche matin, pour le film The Human Centipede (First Sequence), à la salle Hall de l’Université Concordia. Et pourtant, la file d’attente est interminable, plus longue que pour de nombreux autres films présentés au Festival Fantasia. Est-ce la preuve qu’il s’agissait d’un grand film de genre, un classique en devenir? Que nenni, si ce n’est que The Human Centipede demeurera dans les mémoires comme un exercice de style sans véritable éclat, et aux motivations témoignant du fait que le réalisateur n’a pas dépassé le stade anal du développement…

Deux jeunes touristes américaines, idiotes à souhait, se perdent dans les bois en se rendant à une fête donnée quelque part en Allemagne. Trempées par un orage, elles trouveront – bien entendu – refuge dans la maison isolée d’un chirurgien à la retraite, spécialisé dans la séparation de jumeaux siamois. La suite ne fait aucun doute… Le réalisateur Tom Six avait clairement envie de s’amuser, et de laisser cours à ses petites fantaisies de chirurgie sans contrôle. S’ensuivra une histoire abracadabrante impliquant le chirurgien en question, qui rêve de « fusionner » trois êtres humains en un « mille-pattes humain » et nos deux naïades américaines, auxquelles se greffera  – le jeu de mots est voulu, ici – un japonais criard. Ce dernier lance d’ailleurs une savoureuse réplique au docteur fou (Dieter Laser, qui a vraiment le physique d’un tortionnaire nazi), lui criant que « Les Japonais ont des ressources insoupçonnées lorsqu’acculés dans un coin », le tout dit en se débattant en vain, attaché dans son lit.

Sinon, pour le film en tant que tel, si l’on sent un peu d’intérêt à voir les prisonniers se débattre et tenter de s’évader, l’on en arrive rapidement à l’opération, après laquelle le spectateur sera franchement déçu. Là où on imaginait des greffes sauvages de paires supplémentaires de bras sur un seul corps, on se retrouve plutôt avec trois individus « liés » de l’anus à la bouche, de façon à former une chaîne. S’ensuivent cris, pleurs et séances de « dressage » du mille-pattes ainsi obtenu. Bien évidemment, le réalisateur, qui doit avoir une fixation sur les matières fécales, insère dans son film une séance de repas du premier individu (le Japonais), puis une séance d’ « évacuation » vers la deuxième personne. On se dit ensuite que tout le concept de l’opération repose là-dessus, et le film n’en devient que plus ridicule.

En fin de compte, The Human Centipede vaut la peine d’être vu si vous avez une passe de presse (et encore), ou si vous raffolez de ce genre d’humour de bas étage. Pour les autres, passez votre chemin, le genre du cinéma d’horreur regorge de films plus gore et/ou ayant un scénario plus élaboré.

Dans la catégorie: CulturelFantasia 2010

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Commentaires (3)

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  1. [...] This post was mentioned on Twitter by PieuvrePointCa, Hugo Prévost. Hugo Prévost said: RT @pieuvrepointca: The Human Centipede… une critique à lire sur Pieuvre.ca #FantasiaFest http://bit.ly/9I3OIp [...]

  2. Le_savon_qui_vole_en_avion dit :

    Je suis d’accord! Ce film était le petit couteau de la table bien mise.

  3. Frédéric Tremblay dit :

    Intéressant de constater que l’affiche du film trouvée sur imdb.com mentionne que le film est « shockingly controversial » et « 100% Medically accurate » selon… personne.

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