Fantasia – Black Death, une plongée dans un univers médiéval dépourvu de héros
Ingrid VALENT
Une mise en contexte tout à fait réaliste, se basant sur la première grande vague de la peste noire qu’a vécue l’Angleterre, nous permet une entrée en la matière directement historique.
Un jeune moine se voit doté de la mission de guider un chasseur de sorcières (joué par Sean Bean) et ses fidèles mercenaires à travers le pays afin de trouver et d’exterminer les éventuels nécromanciens et autres déshonorants de Dieu. Ces soldats de Dieu rencontrent dans leur périple un village situé dans les marécages d’une vallée, dont la vue sur grand écran fut saisissante, et qui n’a étrangement pas été frappé par la peste noire. Ce village, qui se montre trop bien amical face aux guerriers, s’affiche ouvertement païen et est dirigé par une prêtresse. Cette dernière affiche tous les atouts de la sorcière celtique des légendes, telle que la beauté, l’apparente compassion pour les âmes égarées, et une précieuse et mystérieuse aide sans demande de retour. Mais elle se voit également imprégnée d’un étonnant pouvoir de contrôle sur le village qui massacre sans vergogne les chrétiens ne voulant pas abandonner leur Dieu si cher. En honneur à sa croyance, chacun agira de différentes manières, certains plus imprévisibles que d’autres…
La force de la foi est jaugée dans ce film en partie à travers des mercenaires cruels, peut-être punis par Dieu avec la peste pour leurs péchés, ainsi qu’avec une communauté païenne suivant une prêtresse bien réelle, qui parvient à garder un village soudé et sain, à l’abri du monde cruel extérieur.
Aucun des personnages du film ne peuvent être qualifié de héros, tous ont une part sombre constamment enrôlée afin d’atteindre chacun leur propre but, que ce dernier soit teinté de justice ou de vengeance.
Purement réaliste, ce film base sa cruauté sur la question de la foi, cette dernière étant une composante primordiale à l’époque évoquée du film. Le jeu des acteurs permet de garder une note crédible au fil de l’histoire et ne vient pas sortir le spectateur de la torpeur dans laquelle le film le pousse à s’installer. La trame sonore suit le concept d’anti-héros en restant dans la mélodie d’ambiance et non pas celle victorieuse à laquelle nous sommes habitués dans Le Seigneur des Anneaux. Nous avons droit à une présentation d’avant-goût avec du chant-plein d’Église, puis des musiques de circonstance qui semblent presque venir de l’environnement du film en teintant les diverses situations épineuses.
Ce film suscite de multiples questionnements par rapport à la foi et à ce que l’Homme est capable de faire pour demeurer fidèle à celle-ci. Ou encore, où sont les réels valeurs d’une foi ?
«Les gens ont besoin de miracles pour croire» est ce que révèle la prêtresse au moine avant de disparaître, et c’est ce qui donne un pivot à toutes ces interrogations.
Dans la catégorie: Culturel • Fantasia 2010
Mots-clef: black death, fantasia, film, foi, horreur, moyen-âge, peste, sean bean




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