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Fantasia – Blades of Blood : bien, mais…

Déposé par Hugo Prévost dans 22 juillet 2010 – 15 h 32 minUn commentaire

Hugo PRÉVOST

Ah, les films traitant de la vengeance de la mort du père… Thème fréquent, certes, et parfois suranné, mais qui peut être traité de façon intéressante; cela ne nécessite qu’un réalisateur imaginatif et le tour est joué. Dans le cas de Blades of Blood, présenté hier au Festival Fantasia, le réalisateur Lee Jun-ik parvient à établir une atmosphère agréable, certes, mais le résultat final déçoit quelque peu l’amateur de grandes joutes épéistes.

Vers la fin du 16e siècle, en Corée, une alliance formée des camps de l’Est et de l’Ouest se maintient péniblement au pouvoir en agitant la menace d’une invasion japonaise, invasion qui se révèle on ne peut plus réelle. Les deux camps sont cependant à couteaux tirés, et une purge est décrétée pour, à termes, dissoudre l’alliance au profit d’un camp ou de l’autre. Au sein de ce tumulte, un homme, Lee Mong-hak, se lève et décide de monter sa propre armée et ainsi renverser le gouvernement corrompu et repousser les forces nippones.

Mong-hak en vient d’ailleurs à assassiner les représentants d’un clan fidèle à la cour, dont le père du héros, Gyeong-ja. Ce dernier, grièvement blessé, est déterminé à venger le meurtre de son père, et s’adjoindra les services d’Hwang Jeong-hak, maître d’armes aveugle mais terriblement adroit. Ensemble, ils apprendront à former une relation de maître à élève de laquelle découlera le respect.

Si Lee Jun-ik a su parsemer son long-métrage de poésie et de scènes particulièrement bien tournées, le propos final s’en retrouve toutefois réduit à la sempiternelle bataille ultime entre le « bon » et le « méchant ». Méchant qui, d’ailleurs, n’aura fait que précipiter la chute de son pays face aux envahisseurs en affaiblissant au maximum l’armée royale à l’aide de ses forces rebelles. Quant au héros, une fois son père vengé, connaîtra une fin aussi expéditive que décevante aux mains des Japonais. Quelle est donc la satisfaction de se battre à la mort pour laver un affront, alors que l’objectif ultime des deux protagonistes leur échappe complètement? Blades of Blood décevra par sa fin en queue de poisson et son absence de rédemption de la part du héros.

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