Fantasia – Saving Grace : huis clos apocalyptique

Hugo PRÉVOST

Une femme, admise à l’hôpital suite à la prise de stupéfiants, se retrouve dans une école abandonnée auprès de celui qui travaillait comme concierge en milieu hospitalier. À l’en croire, ils ont miraculeusement survécu à l’Apocalypse, et doivent vivre reclus. Sans moyen de savoir s’il dit la vérité, Grace doit lentement se faire à l’idée que sa vie est chamboulée à jamais. Mais est-ce vraiment le cas? Dans Saving Grace, le réalisateur Chris Pickle réussit, avec peu de moyens, à créer un huis clos efficace.

Les films utilisant une variante du thème de la fin du monde sont toujours délicats à évaluer, particulièrement dans un huis clos, où la traditionnelle « course à la survivance » (chercher des vivres, des armes, des survivants, un nouvel endroit où se réfugier, etc.) disparaît au profit d’un intense duel psychologique et philosophique entre les personnages. En ce sens, Saving Grace bâtit une relation intéressante entre Grace (Mandy Bo) et Clayton (Jason Barbeck), son « sauveur », ce dernier se montrant à la fois résolu et abscons.

L’ajout d’un troisième personnage, joué par Peter Coady, ajoute une touche d’humour au scénario, avec ses répliques hilarantes servies à Grace, de qui il espère fortement obtenir des faveurs sexuelles. Ses phrases, lourdes de sous-entendus, on fait rigoler les spectateurs à maintes reprises.

L’autre force de Saving Grace est celle de la surprise; qu’y a-t-il, exactement, dehors? Le chaos? La vie normale? Impossible de savoir, et ce jusqu’à la toute dernière minute. Et cela s’appelle tenir son public bien en main, tout en réalisant un bon film avec peu de moyens, soit un exploit, de nos jours.

Dans la catégorie: CulturelFantasia 2010

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