Inception – Les méandres du rêve

Hugo PRÉVOST

Dur – et traître – terreau que celui de la science-fiction au cinéma. Adaptations ratées, effets spéciaux peu saisissants, prémisse fautive, le matériau d’origine a beau être intéressant, plus souvent qu’autrement, le produit final plaît souvent davantage au grand public qu’aux passionnés. Il arrive, cependant, que le résultat du travail acharné d’un réalisateur et de son équipe soit à la hauteur des attentes. À ce sujet, Christopher Nolan ajoute une autre pierre à son impressionnant palmarès de succès sur pellicule avec Inception.

Cobb (Leonardo DiCaprio, dont le jeu demeure excellent, sensiblement au même niveau que dans The Aviator) est spécialisé dans un genre très particulier de sécurité; la protection des idées. Pour se faire, il entraîne de riches hommes d’affaires à équiper leur subconscient de défenses contre les extracteurs, ces gens qui s’insinuent dans les rêves de leurs cibles pour en dérober les secrets les plus intimes. Cobb fait bien entendu double emploi, et est lui-même engagé pour extraire certaines informations pour des clients fortunés. C’est d’ailleurs à la suite d’une mission ratée que Cobb verra son monde s’écrouler.

Le sujet des rêves, couplé à celui des réalités virtuelles, n’est bien entendu pas inconnu dans le monde du cinéma de science-fiction et de fantastique. Que l’on pense à Eternal Sunshine of the Spotless Mind, de Michel Gondry, ou à The Matrix, des frères Wachowski (pour ne nommer que ceux-là), le thème du réel a été longuement visité, exploré, mais jamais entièrement cartographié. En ce sens, Inception ne tente d’ailleurs pas de couvrir l’ensemble du spectre, mais se penche davantage sur la perception que les individus ont de leurs rêves, un endroit où leur subconscient prend le contrôle des images projetées dans leur cerveau. L’oeuvre de Christopher Nolan – qui fusionne ici des influences cérébrales de Memento, son premier film, à celles, plus musclées, de Batman Begins et The Dark Knight – prend une tournure philosophique en décortiquant la fameuse question qui tourmente les philosophes depuis toujours : qu’est-ce que le réel? Et, par corollaire, comment s’assurer que ce que nous percevons est bien réel?

Au-delà des dilemmes philosophiques des personnages, le film possède une structure en oignon, où une histoire prend place au sein d’une autre histoire, et ainsi de suite. Les cinéphiles ayant vu eXistenZ y reconnaîtront là un thème cher à la réalité virtuelle (transposé ici dans l’univers du rêve). Entourant DiCaprio avec brio, Joseph Gordon-Levitt, Ellen Page (en architecte étudiante parisienne) et Tom Hardy ajoutent une profondeur plus qu’intéressante à l’histoire, l’action restant centrée sur le personnage de Cobb, certes, mais en dévoilant juste ce qu’il faut sur les autres acteurs pour rendre leurs personnages attachants. Michael Caine fait également une apparition, fort appréciée.

Inception rejoint donc 2001: A Space Odyssey, Blade Runner et autres Brazil dans la liste des films des maîtres dans l’art d’explorer les recoins cachés et sombres de l’esprit pour en sortir des oeuvres magnifiques, prenantes jusqu’à la fin et intemporelles.

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Dans la catégorie: Culturel

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Commentaires (8)

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  1. Baktelraalis dit :

    Eh beh! Ça donne envie !

  2. gueguet dit :

    Excellent film, il est important de signaler l’énorme prestation de Marion Cotillard. Film a aller voir sans aucunes retenues…

  3. Il faut noter que « Memento » n’est pas le premier film de Christopher Nolan, mais bien « Following » :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Following

  4. Hugo Prévost dit :

    Disons que je m’en suis tenu aux films faisant partie des grands circuits de distribution. Mais merci pour la précision.

  5. Plaisir!

    Et en plus, c’est vraiment un film à voir!

  6. miguel dit :

    Malheueusement il s’agit d’une vulgaire copie du file « ExistenZ » de David Cronenberg

  7. thibaudd dit :

    J’avais déjà envie de voir ce film, j’en ai d’autant plus envie.
    Un bon papier ça!

  8. thibaudd dit :

    Je reviens sur ce papier après avoir vu le film et je n’ai qu’une chose à dire: un excellent film. J’aime Nolan et j’aime Di Caprio

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