Fantasia – The Life and Death of a Porno Gang : Serbie XXX
Hugo PRÉVOST
Que voilà un titre de film quelque peu… troublant. Dans une Serbie post-chute du régime de Milosevic, Marko, diplômé en cinéma désoeuvré, tente de revitaliser l’industrie de la porno serbe en mettant sur pied un théâtre pornographique expérimental, où acteurs réciteront un texte, tandis que d’autres comédiens forniqueront sur scène, devant public. Bien vite, cependant, l’étrange utopie tournera au cauchemar.
The Life and Death of a Porno Gang s’inscrit dans la programmation de plusieurs films d’horreur serbes, qui seront présentés au courant du festival Fantasia. Premier à ouvrir le bal hier soir, The Life and Death… vise non seulement à choquer, mais à tracer un parallèle entre cette troupe de théâtre délurée qui n’a peur de rien et une Serbie qui ne s’est pas encore remise de ses troubles internes, une Serbie qui se veut résolument moderne, mais qui a honte des sombres pulsions qui l’habitent.
Avec sa troupe de comédiens, Marko se rendra bien vite compte qu’il ne fait pas assez d’argent. Ensemble, il seront pourchassés par des villageois outrés, volés, battus, arrêtés, violés, même. Qu’à cela ne tienne, ils continuent. Éventuellement, Marko en vient à accepter l’offre d’un homme rencontré par hasard lors de leur « tournée »; tourner des snuff movies, ces films où les figurants meurent pour vrai devant la caméra. Déjà que Life and Death… nous avait passé bon nombre de scènes peu ragoûtantes – une quantité appréciable de membres masculins, entre autres -, voir quelqu’un se « donner » la mort à l’écran est toujours une expérience désagréable; ce l’est encore plus avec ce style, direct, violent, choquant, terrible et vrai.
Et ce n’est que le début! Le réalisateur Mladen Djordjevic voulait vraisemblablement laisser une trace indélébile dans l’esprit du public. C’est réussi, et pas qu’un peu! À de nombreuses reprises, des spectateurs, sans doute écoeurés, ont quitté la salle. Comment supporter tant d’images repoussantes, traumatisantes? Il n’y a tout simplement pas de voie de sortie possible, semblent nous dire les acteurs, toute utopie se transformera en véritable cauchemar.
Que retenir, finalement, de Life and Death of a Porno Gang? Que l’avenir est sans issue? Que oui, il était possible de réaliser un film encore plus déprimant que Requiem for a Dream? Ou, peut-être, que le salut serbe passe par l’expiation de la conscience collective balkanique, même si ce processus sera long et douloureux? Sans doute toutes ces réponses.
Life and Death of a Porno Gang, en reprise demain à 15h10, à la salle J-A De Sève.
Dans la catégorie: Culturel • Fantasia 2010
Mots-clef: critique, dégoût, fantasia, film, life and death of a porno gang, meurtre, mladen djordjevic, serbie, sexe, snuff movies, suicide, traumatisme, violence




[...] Critique du film sur le site Pieuvre.ca var addthis_language = 'en';var addthis_options = 'email, favorites, digg, delicious, myspace, google, facebook, reddit, live, more'; « J’adore – blublu.org [...]