Le Cirque du Soleil, exceptionnellement rouge et blanc
Christine PLANTE
C’est hier soir qu’avait lieu l’une des dernières représentations de Totem aux Vieux-Port de Montréal. Consolez-vous, si vous n’avez pas eu la chance de voir le dernier joyaux du plus notoire Lalibertain au monde, le spectacle se déplace dans la vieille Capitale à partir du 22 juillet, et part même à Amsterdam au mois d’octobre 2010. Un spectacle à la hauteur de l’humainement possible, et qui ma foi, révèlera peut-être une face cachée lorsqu’il sera présenté plus près d’un coffee shop hollandais!
Bien que de l’extérieur, le chapiteau arborait les Pantones officiels du Cirque, à mesure que je me suis approchée de l’entrée, la palette Rogers était placardée partout. C’était une représentation corporative, où le géant des cellulaires matérialisait un vaste concours où tous les invités étaient des abonnés. Quand même, faut le faire. Je n’ai pas vu souvent une foule aussi «vendue» à une marque. 2500 joyeux ambassadeurs. Partout, les gens se promenaient avec un petit sac rouge et blanc, logo à l’appui. On était content, on souriait, on buvait du champagne «payé par le boss». Le président a eu droit à de francs applaudissements à la clôture de son « pep speech » avant le spectacle. Il y a même un artiste du Cirque, qui en plein milieu du spectacle, nous a confié qu’il utilisait Rogers comme fournisseur réseau de sans-fil. Et ça a passé aussi bien que les bulles à l’arrivée!
N’empêche, je comprends bien l’efficacité de la campagne. Pour une fois, une entreprise a compris que pour séduire son public, le contenu de sa pub ne doit pas nécessairement être son gros nombril blanc sur fond rouge, mais qu’il laisse place à un contenu qui intéresse véritablement le «client», en l’occurrence le Cirque.
Et le Cirque. Vraiment, c’est l’élite de l’art du spectacle. Il y a les acrobates, qui s’amusent à jouer avec le sort comme avec une balle de jongleur. Mais il y a aussi la mise en scène, qui s’amuse à jouer avec les références, le temps, l’espace et le multimédia. Après KÀ, il y a Lepage, qui signe ici sa deuxième mise en scène pour le Cirque du Soleil.
On croirait, à prime abord, que Totem s’agit d’un spectacle inspiré des premières nations. Mais aucun accommodement raisonnable à l’horizon. Non. Plutôt le déraisonnable au possible, l’imaginaire, la féérie. Totem, c’est un véritable voyage au cœur de l’évolution humaine, sans références spécifiques et sans représentation exacte des terres et des cultures.
Le spectacle s’ouvre avec un personnage scintillant, surnommé «l’homme de Crystal». Un justaucorps de velours noir, orné de plus de 4500 éléments réfléchissants. À 15$ de l’heure, on imagine le bill de la couturière…
Il y a la scène, qui tantôt reflète un design de tortue, symbole des plus anciennes formes de vie sur terre, tantôt se transforme en mer, où les personnages exécutent prouesses et pirouettes comme des poissons dans l’eau. Il y a les singes, il y a l’homme moderne, et il y a le scientifique et son mémorable numéro de jonglerie 2.0. Il y a l’amour entre l’homme et la femme sur trapèze fixe. Il y a la belle Pocahontas, terriblement ingénue, jusqu’au moment où l’on aperçoit ses patins à roulettes, son arme fatale.
Bon, évidemment il y a la recette. Vous savez, cette saveur qu’on a découverte tous ensemble avec Alegria. Les voix transcendantes, l’univers du Cirque, la signature spécifique et le style indéniablement cohérent. Le côté «famille».
C’est un peu désolant de constater notre capacité à ne plus s’émouvoir devant tant de maîtrise et de «savoir-éblouir». Peut-être les tout-petits sont-ils plus facilement émerveillés, et que devenus grands on a un inlassable sentiment de déjà-vu? Jusqu’où doit-on repousser les limites au nom de l’émotion?
Quoi qu’il en soit, moi je reste émerveillée. J’ai découvert des muscles que je croyais endormis chez la race humaine. Et somme toute, je reste délicieusement repue devant ce spectacle riche et complet.
C’est peut-être pour ça que mon copain me dit souvent que j’ai l’âme d’une petite fille.
C’est hier soir qu’avait lieu l’une des dernières représentations de Totem aux Vieux-Port de Montréal. Consolez-vous, si vous n’avez pas eu la chance de voir le dernier joyaux du plus notoire Lalibertain au monde, le spectacle se déplace dans la vieille Capitale à partir du 22 juillet, et part même à Amsterdam au mois d’octobre 2010. Un spectacle à la hauteur de l’humainement possible, et qui ma foi, révèlera peut-être une face cachée lorsqu’il sera présenté plus près d’un coffee shop hollandais!
Bien que de l’extérieur, le chapiteau arborait les Pantones officiels du Cirque, à mesure que je me suis approchée de l’entrée, la palette Rogers était placardée partout. C’était une représentation corporative, où le géant des cellulaires matérialisait un vaste concours où tous les invités étaient des abonnés. Quand même, faut le faire. Je n’ai pas vu souvent une foule aussi « vendue » à une marque. 2500 joyeux ambassadeurs. Partout, les gens se promenaient avec un petit sac rouge et blanc, logo à l’appui. On était content, on souriait, on buvait du champagne « payé par le boss ». Le président a eu droit à de francs applaudissements à la clôture de son « pep speech » avant le spectacle. Il y a même un artiste du Cirque, qui en plein milieu du spectacle, nous a confié qu’il utilisait Rogers comme fournisseur réseau de sans-fil. Et ça a passé aussi bien que les bulles à l’arrivée!
N’empêche, je comprends bien l’efficacité de la campagne. Pour une fois, une entreprise a compris que pour séduire son public, le contenu de sa pub ne doit pas nécessairement être son gros nombril blanc sur fond rouge, mais qu’il laisse place à un contenu qui intéresse véritablement le « client », en l’occurrence le Cirque.
Et le Cirque. Vraiment, c’est l’élite de l’art du spectacle. Il y a les acrobates, qui s’amusent à jouer avec le sort comme avec une balle de jongleur. Mais il y a aussi la mise en scène, qui s’amuse à jouer avec les références, le temps, l’espace et le multimédia. Après KÀ, il y a Lepage, qui signe ici sa deuxième mise en scène pour le Cirque du Soleil.
On croirait, à prime abord, que Totem s’agit d’un spectacle inspiré des premières nations. Mais aucun accommodement raisonnable à l’horizon. Non. Plutôt le déraisonnable au possible, l’imaginaire, la féérie. Totem, c’est un véritable voyage au cœur de l’évolution humaine, sans références spécifiques et sans représentation exacte des terres et des cultures.
Le spectacle s’ouvre avec un personnage scintillant, surnommé « l’homme de Crystal ». Un justaucorps de velours noir, orné de plus de 4500 éléments réfléchissants. À 15$ de l’heure, on imagine le bill de la couturière…
Il y a la scène, qui tantôt reflète un design de tortue, symbole des plus anciennes formes de vie sur terre, tantôt se transforme en mer, où les personnages exécutent prouesses et pirouettes comme des poissons dans l’eau. Il y a les singes, il y a l’homme moderne, et il y a le scientifique et son mémorable numéro de jonglerie 2.0. Il y a l’amour entre l’homme et la femme sur trapèze fixe. Il y a la belle Pocahontas, terriblement ingénue, jusqu’au moment où l’on aperçoit ses patins à roulettes, son arme fatale.
Bon, évidemment il y a la recette. Vous savez, cette saveur qu’on a découverte tous ensemble avec Alegria. Les voix transcendantes, l’univers du Cirque, la signature spécifique et le style indéniablement cohérent. Le côté « famille ».
C’est un peu désolant de constater notre capacité à ne plus s’émouvoir devant tant de maîtrise et de « savoir-éblouir ». Peut-être les tout-petits sont-ils plus facilement émerveillés, et que devenus grands on a un inlassable sentiment de déjà-vu? Jusqu’où doit-on repousser les limites au nom de l’émotion?
Quoi qu’il en soit, moi je reste émerveillée. J’ai découvert des muscles que je croyais endormis chez la race humaine. Et somme toute, je reste délicieusement repue devant ce spectacle riche et complet.
C’est peut-être pour ça que mon copain me dit souvent que j’ai l’âme d’une petite fille.
Dans la catégorie: Chronique • Culturel
Mots-clef: Chronique, cirque du soleil, Culturel, événement, rogers, spectacle, totem



