Ceci n’est pas une histoire de dragons, ou pourquoi j’ai désormais peur des nains

Hugo PRÉVOST

Mathieu Handfield est grand. Pas aussi grand, certes, que Napoléon, le héros de son nouveau roman Ceci n’est pas une histoire de dragons (Napoléon fait 6 pieds 4 pouces…), mais grand tout de même. Et c’est peut-être cette grande taille qui a poussé l’artiste multidisciplinaire à écrire ce récit particulièrement loufoque alliant une bataille pour une meilleure estime de soi à un univers de plus en plus déjanté où les ambitions d’un nain se combinent au rêve d’être accepté de tous. Pas nécessairement pour le mieux.

Photo : Éditions de Ta Mère

La vie de Napoléon McDougall se résume à peu de choses : trier le courrier du coeur dans un petit journal, devoir composer avec un monde absolument pas conçu pour des gens de sa taille, et être malheureux, en grande partie à cause des deux raisons précédentes. Son existence changera du tout au tout le jour où il fera la connaissance d’un nain, appelé Hubert Médent, qui lui facilitera l’existence. Comment? En agrandissant le monde, pardi! Vêtements, meubles, bâtiments, routes, tout est agrandi de plus en plus par les hommes embauchés par Médent.

Tout se met alors à aller pour le mieux dans la vie de Napoléon. Nouvel emploi, nouvelles conquêtes féminines, mais l’avenir n’est jamais rose très longtemps…

Mathieu Handfield signe ici un ouvrage intéressant qui examine la relation entre le désir d’être accepté comme membre « normal » de la société et le besoin viscéral d’être heureux. Lequel des deux doit primer? Ces deux aspirations sont-elles complémentaires? Opposées? La fin justifie-t-elle les moyens? Éternelle question, s’il en est une.

Exit, cependant, l’éternelle morale, l’auteur décide de prendre le chemin de l’humour grinçant et mordant, et Ceci n’est pas une histoire de dragons est non seulement un ouvrage qui fera réfléchir, mais qui fera surtout sourire. C’est vulgaire? Oui. C’est hilarant? Oui. On en redemande? Tout à fait!

On retrouve dans ce livre un peu de l’esprit qui prévalait dans le court-métrage Zombie, le documentaire, présenté l’an dernier dans le cadre du festival Fantasia; une bonne dose d’absurdité, un humour décapant, mais également un regard nouveau sur la société qui nous entoure.

Ceci n’est pas une histoire de dragons, aux éditions de Ta Mère, 283 pages.

Dans la catégorie: Culturel

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