Le concert 10e anniversaire de l’OVMF, ou pourquoi changer une formule gagnante ?

Hugo PRÉVOST

Samedi soir, 19 juin. En la magnifique église Saint-Jean-Baptiste, rue Rachel à Montréal, l’Orchestre à vent de musique de films donnait un concert spécial pour souligner ses dix années d’existence; dix ans de magie, d’envoûtement et d’une surprenante persévérance pour un orchestre amateur. Tout était donc en place pour une soirée mémorable.

Photo : Ingrid Valent

 

Tout, ou presque. Certes, les musiciens de l’OVMF sont toujours aussi bons, aussi talentueux, et aussi doués. Bien entendu, les pièces jouées ont fait revivre des souvenirs et ont ravivé des passions – l’on pense à Star Wars, entre autres, Indiana Jones, ou encore la pièce Liberi Fatali, tirée de la bande sonore du jeu Final Fantasy VIII. En se spécialisant dans le créneau de musique de films – et de jeux vidéos -, l’OVMF a réellement su trouver sa niche, et développer un talent incomparable à Montréal. Cette fois, d’ailleurs, le Choeur de la Montagne était invité à assurer la partie vocale de certaines pièces, dont la fameuse Duel of the Fates, tirée de La menace fantôme, et composée par John Williams; de quoi en rester littéralement pantois, suspendu à la toute dernière note, s’accrochant à l’ultime accord comme si notre vie en dépendait. Véritablement, les musiciens et le directeur musical, Jocelyn Leblanc, se sont encore une fois surpassés.

Non, le véritable inconvénient de ce concert est qu’il a passé trop rapidement. Trop vite, l’orchestre terminait son interprétation de la pièce titre du film Conan the Barbarian, un classique de l’OVMF, avec percussionnistes vêtus de peaux de bête en prime. Trop vite, les bancs se sont vidés, et trop vite, les spectateurs sont rentrés chez eux. La musique de certains films a tout simplement, au bout du compte, une telle valeur nostalgique que si elle est bien interprétée – ce qui est une euphémisme dans le cas de l’OVMF -, la magie opérera à tous coups.

Peut-être était-ce l’assurance que tout allait justement trop bien aller lors de cette soirée? La conviction d’être déjà conquis en apprenant simplement que l’orchestre allait donner un nouveau concert? Quoi qu’il en soit, si l’on peut déplorer une certaine prédominance de John Williams parmi les compositeurs dont les oeuvres ont été reprises samedi dernier, cette particularité s’explique facilement : le compositeur derrière les mélodies de Star Wars et d’Indiana Jones (entre autres) est l’idole de Jocelyn Leblanc, le chef d’orchestre de l’OVMF.

Au final, deux accrocs ont terni la soirée. Tout d’abord, une fausse note lors d’un solo au cours de l’interprétation de la pièce Here They Come! tirée de Star Wars Episode IV, et l’inconvénient majeur qu’était le fait de devoir endurer, deux heures durant, l’animateur de la soirée. L’homme en question, Patrick Boudrias, a certes contribué à l’évolution de l’OVMF au fil des ans, mais les techniques provenant du camp de jour, les (mauvaises) blagues à connotation sexuelle – alors que des enfants se trouvaient dans la salle -, les erreurs de prononciation, tout cela nous a fait regretter Pascal Forget, habituellement en charge de l’animation de la soirée.

Bref, longue vie à l’OVMF, et on ne peut qu’espérer dix autres magnifiques années d’émerveillement musical, en plus d’un avenir brillant pour Jocelyn Leblanc, qui a plus qu’agréablement surpris en présentant sa toute première composition personnelle, baptisée La Bataille du Donjon.

Dans la catégorie: Culturel

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Commentaires (2)

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  1. Xavier dit :

    Pour la petite histoire la fausse note disgracieuse a été produite durant le solo du thème « Binary Sunset » de StarWars IV. Ceci étant dit, après au moins 10 concerts de l’OVMF à mon actif en tant que spectateur, ce genre de chose est excessivement rare. En fait, on peut supposer que la chaleur étouffante qui régnait dans l’église Saint-Jean Baptiste en est la grande responsable. En effet, je n’imagine pas le degré de difficulté supplémentaire que ces conditions lourdes et humides devaient causer aux musiciens. Par contre, la grandeur de l’Église n’était pas mon lieu favori en terme d’acoustique. J’ai un peu regretté la salle Pollack, où l’inclinaison des sièges permet de voir chaque musicien en plongée.

  2. Jean Marchand dit :

    J’y était à ce concert à la chaleur étouffante aussi.

    Très bon concert dans l’ensemble et la 2e partie avec la chorale était surprenante. Si par contre tu ne retient que les fausses notes et l’animateur, qui soit disant passsant à dû parler 10 minutes au total…c’est bien dommage pour toi. Moi je l’ai trouvé divertissant.

    J’ai surtout apprécier la menace fantôme dans laquelle le choeur, composé en majeur parti de gens plutôt agés, avait une puissante tout à fait impressionnante!

    Je serai certainement du prochain concert

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