FTA – Rencontre au sommet avec Marie-Hélène Falcon

Hugo PRÉVOST

Alors que le Festival Transamériques prenait fin la semaine dernière après trois semaines de découvertes, d’exploration et de voyage artistique, Pieuvre.ca a tenu à rencontrer Marie-Hélène Falcon, la personne responsable non seulement de l’organisation du FTA, mais littéralement de la création du festival. Madame Falcon, directrice artistique et générale du FTA, a bien voulu répondre à quelques questions.

Hugo Prévost : Parlez-moi un peu de l’origine du FTA…

Marie-Hélène Falcon : Le Festival Transamériques est en quelque sorte une transformation du festival de théâtre des Amériques, que j’ai fondé en 1985. C’était un festival de théâtre aux marges des pratiques traditionnelles, qui a toujours été un festival de création. C’était un événement bisannuel, qui s’est transformé, en 2007, pour devenir le FTA, au sein duquel nous avons intégré la danse.

H.P. : Pourquoi, justement, avoir intégré la danse avec le théâtre?

M.-H. F. : Je pense que la danse contemporaine est l’une des grandes forces, l’une des grandes énergies de la création artistique d’aujourd’hui. Ce que nous faisions auparavant allait déjà dans cette direction; c’est donc une démarche naturelle, voire organique. Le festival est devenu un festival de création contemporaine, principalement en danse et en théâtre.

H.P. : Qu’est-ce qui vous a menée vers la création, plutôt que vers les classiques?

M.-H. F. : Notre mission est de provoquer, de changer les perspectives, de promouvoir ce que les artistes font aujourd’hui. Le FTA touche davantage les artistes que les disciplines. Il y a énormément de métissage, de transition, de transformation, de traversées d’un art à un autre. Il y a également énormément d’altérité. Les artistes et les créateurs s’associent entre eux, et créent des oeuvres multidisciplinaires. Les classiques sont importants, mais il est nécessaire de les voir avec un regard d’aujourd’hui.

H. P. : Avez-vous des paramètres pour décider des oeuvres qui seront présentées durant le festival?

M.-H. F. : Il n’y a pas de thème, simplement là où les artistes nous mènent. Bien sûr, je fais cela depuis très longtemps, et j’ai une équipe qui m’aide à choisir les oeuvres qui seront dans le programme. Nous voyons beaucoup de spectacles, certes, mais nous avons également de nombreux contacts, des collègues qui font le même travail à l’étranger; il y a beaucoup d’échange d’informations. Il est aussi essentiel de voyager.

Il y a beaucoup de hasard, mais je suis intéressée à présenter des oeuvres fortes, qui vont marquer leur époque.

H.P. : Y a-t-il un quota d’oeuvres canadiennes, un quota d’oeuvres étrangères ?

M.-H. F. : Environ la moitié des spectacles présentés au FTA sont l’oeuvres de créateurs canadiens. Parmi ceux-ci, les artistes québécois occupent une place importante, et sont très présents. Il y a d’ailleurs un important bassin de création au Québec.

H.P. : Quelles sont les perspectives d’avenir pour le FTA?

M.-H. F. : Ce que nous aimerions, c’est posséder notre propre salle. Pour présenter davantage d’oeuvres, bien entendu, mais également pour disposer d’un espace de création qui pourrait être offert aux artistes, qu’ils soient montréalais ou de passage dans la ville. Les spectacles présentés en première auraient alors plus de moyens pour se déployer, pour se créer.

Nous ne l’avons pas présentement, mais peut-être un jour viendra où nous aurons les moyens de nos ambitions!

Le festival Transamériques sera de retour l’an prochain pour une quatrième édition. D’ici là, vous pouvez visite le site web du FTA. C’est un rendez-vous!

Dans la catégorie: CulturelFTA 2010

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