Fringe – La peau // le dermographe

Xavier PROULX

Présenté dans le cadre de la vingtième édition du Fringe Festival St-Ambroise à Montréal, la performance met en scène sept jeunes artistes du collectif Ordures en quête d’une étude sur la peau. À fleur de peau, dans nos trippes et dans notre expressivité, La peau / le dermographe, ou une étude de cette enveloppe en trois tableaux, tantôt absurde tantôt tragédique est présenté au Studio Juste pour Rire jusqu’au 20 juin.

La peau // Le dermographe est présenté jusqu'au 20 juin au Studio Juste pour Rire dans le cadre du festival Fringe. Photo : Ordures.

 

Trois tableaux d’un théâtre hypercondensé – la performance ne dure que trente minutes – mais déjà si lourd de sens. On en sort presque secoué de cette surdose émotive; et on en gobe autant que dans une pièce du double de la durée ! Trois tableaux, donc, explorant la peau sous trois aspects. Dans La peau et les os, notre enveloppe, notre monde intérieur et les émotions que contiennent nos entrailles juchées au plus profond de notre être sont étudiées au travers d’un monologue poignant de Guillaume Trahan. Une relation père/fils, des blessures de vies, le tout contenu, ou plutôt prisonnier, de notre corps, de notre peau. Cette enveloppe sera considéré comme un organe vivant, autour des thèmes de la sensualité, de la chair, du nu, etc. Ceci étant dit, ce premier tableau donnera le rythme au reste de la performance, tout en étant sans contredit le plus fort de la prestation.

Le deuxième tableau, Les roches métamorphiques, traite de la peau comme enveloppe, comme l’outil d’une perception externe face aux autres, finalement superficielle, le tout dans le cadre d’un univers absurde et irrationnel.

La performance se termine par Les tissus amoureux, une étude de la peau en tant que médium rassembleur; une liaison avec l’autre, emprunte de l’amour, du tactile et de l’organicité de ces relations. En temps de paix comme en temps de guerre – on en fera le parallèle avec la guerre nucléaire – ces liens par la peau nous ramènerons au point de départ, soit la vision d’un amalgame d’êtres humains inter reliés.

Fusion d’un théâtre cru et de l’expérimentation théâtrale la troupe impressionne par la qualité et l’esthétique de sa mise en scène signée Guillaume Trahan et Marie-Ève Lussier. La pluralité des genres théâtraux présentés témoigne de cette séduisante maîtrise. Il s’agit sans nul doute d’un excellent morceau du Fringe cuvée 2010.

La peau / le dermographe est présenté au Studio Juste pour Rire jusqu’au 20 juin. http://montrealfringe.ca/fr/spectacles/la-peau

Dans la catégorie: CulturelFestival Fringe 2010

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