FTA – Quelques minutes à l’Usine C
Laurence CARDIN
Vendredi soir dernier se tenait la dernière représentation de Children & A Few Minutes of Lock à l’Usine C dans le cadre du FTA. Dans certains spectacles, un seul élément a le pouvoir de tout changer, de faire virer le vent, de changer une opinion. Lors de cette soirée mettant en vedette Louise Lecavalier, 13 minutes ont joué un rôle crucial et ont transformé la soirée en un moment de danse mémorable.
Depuis qu’elle a quitté La La La Human Steps en 1999, Louise Lecavalier a dansé pour de nombreux chorégraphes canadiens, Benoît Lachambre, Crystal Pite, Tedd Robinson. Cette fois-ci elle interprétait l’œuvre Children du Britannique Nigel Charnock, un chorégraphe moins connu de la scène québécoise. La pièce mettait en scène un duo amoureux, Lecavalier et Patrick Lamothe, et ce à travers une gestuelle très théâtrale. La chorégraphie présentait par contre des images de l’ordre du premier degré, frôlant l’humour, sans pour autant l’assumer pleinement. Les danseurs exploraient tout style de danse confondu, du ballet jazz à la gigue, en effectuant les mouvements de façon imprécise et nonchalamment, laissant le spectateur un peu perplexe quant à l’apport de ceux-ci dans l’évolution du duo. La chorégraphie exposait la quotidienneté du couple de façon convenue et évidente. Il faut dire que la trame sonore qui accompagnait l’œuvre de Charnock était très narrative et donnait un sens très évident à la gestuelle du couple. Les chansons de Leonard Cohen, de Richard Desjardins et de Janis Joplin accompagnaient le duo, avec des paroles à forte portée émotionnelle, ceci avait pour effet de scénariser beaucoup trop la pièce. Toujours aussi investie dans son mouvement, avec une précision incroyable soutenue par une force physique impressionnante, Lecavalier a su me faire oublier les éléments chorégraphiques qui m’ont déplu.
La soirée s’est terminée avec A Few Minutes of Lock. Few est un choix de mot assez juste. À peine 13 minutes de mouvement, mais suffisamment pour nous renverser, nous hypnotiser et égoïstement vouloir en redemander davantage. La maturité de Lecavalier ajoute une profondeur à la gestuelle plutôt froide et rapide de Lock. La vivacité est toujours au rendez-vous, Lecavalier a conservé sa fougue étonnante. Une certaine lenteur s’installe et la maturité de l’interprète nous permet de mieux apprécier le duo qu’elle effectue aux côtés d’Elijah Brown, un interprète fulgurant. Quel bref, mais savoureux moment de danse. Dans la salle comble, les spectateurs rivés au bout de leurs bancs, ne respiraient pas trop pour ne rien manquer de la scène que l’on pourrait qualifier d’historique ; revoir ou voir pour la première fois Louise Lecavalier danser Lock.
J’en aurais redemandé, mais j’ai su apprécier ce qui m’a été donné. L’idée de revisiter le répertoire de Lock m’a plu. Le chorégraphe a pris une autre tangente depuis Sault et j’ai aimé me rappeler le génie du chorégraphe. À quand une soirée hommage à Édouard Lock avec des reprises de Human Sex et de Sault ?
Children & A Few Minutes of Lock sera représenté en avril 2011 à l’Usine C.
Dans la catégorie: Culturel • FTA 2010
Mots-clef: children and a few minutes of lock, Culturel, danse, festival transamériques, fta, la la la human steps, louise lecavalier, nigel charnock, usine c




Excellente critique, très juste. Les quelques moments de Lock étaient effectivement renversants! Mais 13 minutes…, c’est 31 qui aurait fallu.