Il fait dimanche / Journal de bord : Banlieue revisitée et réalité avouée
Camille LEPAGE-MANDEVILLE
Pour la deuxième fois cette année, l’École nationale de cirque nous propose deux spectacles soulignant l’aboutissement du parcours des ses finissants. Pour la création de ces spectacles, l’École a fait appel à Shana Carroll, co-fondatrice et directrice artistique de la troupe Les 7 doigts de la main, ainsi qu’à Guy Alloucherie, metteur en scène français et directeur de la compagnie Hendrick Van Der Zee. Leur penchant pour le métissage des arts se ressent dans leur création respective où cirque, théâtre et danse mettent en valeur les divers atouts des jeunes artistes.
Si les pièces présentent toutes deux une approche multidisciplinaire captivante, leurs univers sont toutefois de véritables antipodes. Il fait dimanche, dirigé par Carroll, transporte le public dans la banlieue nord-américaine des années 50, mettant à découvert son caractère plastique et ses relations superficielles. Alloucherie, avec Journal de bord, tente une approche plus humaine où l’on dévoile le « making of » du spectacle ; c’est aussi un regard réaliste sur la vie d’artiste.
Il fait dimanche offre une finalité supérieure à celle de Journal de bord. La fluidité et la musicalité de ses enchaînements permettent au spectateur de se laisser complètement emporter dans cette société préfabriquée, où les personnages questionnent à tour de rôle l’authenticité de leur quotidien. Soulignons la performance étourdissante d’Amanda Orozco dans son numéro de tissu, ainsi que celle de Valérie Doucet pour son chavirant numéro d’équilibre et de danse. Notons aussi la présentation très singulière de trapèzes ballants synchronisés par Alma Buhlozer et Éric McGill.
Idéal pour un public avide d’acrobaties, Journal de bord exploite ses athlètes jusqu’à épuisement. Tout se veut très intense, comme si les étudiants se trouvaient au cœur d’une bataille interminable. Mais contre quoi luttent-ils? C’est ce qu’on nous apprend un peu maladroitement par les capsules audio et par les témoignages qui nous sont divulgués tout le long du spectacle. Malgré certains choix bancals au niveau de la mise en scène, il faut tout de même souligner la prestation des finissants, notamment celle de Marie-Pier Campeau et d’Ethan Law dans leurs jeux icariens, et celle de Robert Webber lors de son blues avec balai et chapeau.
C’est donc une autre réussite pour l’École nationale de cirque, qui propulse de plus en plus ses étudiants sur la scène internationale. Des spectacles à voir!
** ENCORE EN SALLE – Représentations jusqu’au 20 juin, à la TOHU.
Dans la catégorie: Culturel
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