FTA – Beaucoup d’humour et de théâtre, mais peu de danse

Camille LEPAGE-MANDEVILLE

Dans le cadre du Festival TransAmériques, quatre danseurs de la troupe Bomba Suicida nous présentaient hier la toute dernière création de Tânia Carvalho, From me I can’t escape, have patience!.

Photo : Bruno J. D. Miguel

Connaissant à cette artiste portugaise un grand intérêt pour la musique et son rapport à la danse, on ne s’étonne pas de la voir arriver seule au piano. Les danseurs attendant patiemment la première note, c’est Carvalho qui mène le bal. Enfin… c’est ce qu’on nous laisse croire. La pièce se transforme rapidement en une étude questionnant la relation entre la danse et la musique, ou entre les danseurs et la musique. On en vient à se demander si c’est la mélodie qui emporte le corps des danseurs, ou si se sont plutôt les émotions de ceux-ci qui provoquent le doigté de Carvalho. Mais doit-il vraiment y avoir un meneur? Le danseur et le musicien ne sont-ils pas ici en constante interdépendance? C’est ce que la chorégraphe semble vouloir nous exposer.

Toutefois, si la pièce se veut être une étude entre musique et danse, la part dansante de l’œuvre peut s’avérer décevante pour un public assoiffé de mouvements grandioses. À ce niveau, les danseurs ne sont clairement pas montrés à leur plein potentiel. On aurait plutôt dit un exercice cardiovasculaire un peu excentrique, ponctué de très longs moments de pause pour un spectacle ne durant que 45 minutes.

On ne peut reprocher à la danse contemporaine le pur fait d’avoir voulu montrer qu’un danseur était bien plus qu’un corps en mouvement ; qu’il était aussi un artiste capable d’exercer une performance artistique allant au-delà de mouvements dansés bien exécutés. Cependant, on peut lui reprocher une telle volonté lorsque cela se fait au détriment de la danse. Et certains pourront dire que c’est malheureusement ce qui s’est produit lorsque la chorégraphe a demandé à ses danseurs de s’inspirer de l’expressionnisme allemand pour alimenter leur expressivité sur scène. En effet, l’accent est mis davantage sur le jeu théâtral que sur la danse.

Malgré certaines réserves, From me I can’t escape, have patience! est tout de même un spectacle prenant où le public est transporté dans l’intimité de quatre individus se laissant aller violemment sous leur état d’âme du moment.

** ENCORE EN SALLE – Théâtre Prospero, les 9 et 10 juin à 19h.

Dans la catégorie: CulturelFTA 2010

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