Arcade Fire à la Place Longueuil: petite virée dans The Suburbs
Xavier PROULX
Il y a de ces groupes qui éclatent en coup de tonnerre dans le ciel par ailleurs serein de la scène musicale actuelle. Arcade Fire est un de ceux là. En exploitant avec soin une machine promotionnelle bien rodée, emprunte de mystères et d’évènements secrets, Arcade Fire aura été dans les premier groupes bien de chez nous à générer un hype au Québec, bien avant les Cœur de Pirate de ce monde. La nouvelle avait commencé à se propager par twitter ce lundi. Arcade Fire allait se produire « secrètement » mercredi dans le stationnement de la Place Longueuil.

Arcade Fire a investi le stationnement de la Place Longueuil hier soir lors d'un concert-surprise. Photo: Xavier Proulx
Il faut dire que le groupe est littéralement – et sans jeu de mots – en feu ce mois-ci. Après s’être produit à Sherbrooke pour deux concerts à guichet fermés, Arcade Fire voulait vraisemblablement faire un cadeau aux Montréalais et apaiser ceux qui n’avaient pu mettre la main sur les précieux billets. Il n’y a qu’eux pour forcer une panoplie de jeunes urbains dans le vent à se déplacer en banlieue de Montréal, station Longueuil. La scène était délicieusement ironique; une poignée de fans armés de GPS et de cartes Google imprimés afin d’explorer ces étranges contrées banlieusardes. Plus sérieusement, l’ironie est encore plus délicieuse quand on sait que le nouvel album se nomme The Suburbs.
Win Butler et sa bande étaient bien au rendez-vous, dans une perspective surréaliste, entre un restaurant St-Hubert et un IGA. « Bonsoir nous sommes Malajube ! » – rires déchainés… « Qui aurait pu imaginer la scène » disait-il. Une poignée de fans étaient déjà présents vers 19h00, dans un stationnement plutôt clairsemé, devant une petite scène mobile sur laquelle s’entassait les nombreux membres du groupe, visiblement « à la bonne franquette ».
On se serait attendu à un concert de type showcase où chaque pièce du nouvel album aurait été dévoilée. Au contraire, on aura été fort choyé étant donné qu’il s’agissait en tout point du même concert qui avait été donné à Sherbrooke la veille. Pas plus de cinq nouvelles pièces donc, mais on peut déjà affirmer que The Suburbs et Month of May sonnent terriblement bien en concert. Peut-être même trop bien, car elles sont passablement linéaires sur les enregistrements. Difficile de se prononcer sur le sort de ces nouvelles pièces donc, sans en entendre la version finale, peaufinées et polies en studio. Par exemple difficile de juger Roccoco, nouvelle chanson particulièrement surprenante. We Used to Wait semble avoir volé la vedette, s’ouvrant sur un staccato au piano particulièrement prometteur. Le public partageait ses émotions entre écoute attentive et déchainement lorsque des pièces comme No Car Go ou Neighborhood #3 s’enchaînaient vers une finale à la Wake Up.
Quoiqu’il en soit ce concert surprise s’inscrivait dans le cadre « d’une excellente répétition pour Osheaga » comme l’affirmait Win. C’est à se demander ce que le groupe pourra offrir de mieux aux spectateurs du festival, si ce n’est un concert probablement une demi-heure plus long. Arcade Fire aura compris l’importance de donner un cadre éphémère à la musique. En ce sens, ils auront été des troubadours, voyageant d’une ville à l’autre pour s’installer dans une foire commerciale, produire leur matériel, donner au fan une occasion rassembleuse, et plier ensuite bagage. Ni vu ni connu. C’est comme ça qu’on les aime.
Arcade Fire sera de retour à Montréal le 31 juillet au festival Osheaga.
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