Mutek – A/Visions 4 : Live Wires : pour l’amour des basses fréquences.
Après l’averse qui s’est abattue sur Montréal en ce samedi soir, nous pouvions pratiquement faire sécher nos habits trempés devant les caissons de basse de la SAT. Une ode aux basses fréquences et à la musique expérimentale qui n’est heureusement pas disparue de l’avant scène. En détail.
En cette avant-dernière journée de festival, l’équipe de Pieuvre.ca a affecté ses ressources à la couverture de la scène plus underground du festival Mutek, laissant le soin à Paul Kalkbrenner et autres Señor Coconut d’être couverts en long et en large par la presse traditionnelle. Le résultat : ce samedi soir nous faisions un saut à la SAT, rue St-Laurent, pour assister à la dernière série des A/Visions, cette fois sous le règne de l’électro expérimental et des basses fréquences. Très basses fréquences.ha
Quatre spécialistes de l’exploration sonore. À commencer par Vladislav Delay dont les sonorités glaciales et minimalistes plongèrent les spectateurs dans une transe quelque peu perplexe. La fin de la prestation fut plus agréable, par l’apparition dans les compositions de subtils éléments d’ambiant. Peu extraordinaire si on veut mon avis.
Mais c’était pour mieux préparer à la prestation déstabilisatrice de CM Von Hausswolff. Explorateur de talent, ce dernier évoluait devant sa console de mixage dans une pénombre quasi absolue. Le son ? Déstabilisant. Parfait pour un public de connaisseurs. Une seule note. Une seule. Un seul ton, une onde carrée, grave, terriblement grave, lancinante dans nos entrailles pendant près de 20 minutes. Une évolution spatiale dans le son. À la console, Von Hausswolff cuisinait visiblement ses fréquences, alliant de (très) subtiles variations de celles-ci avec de très rares bruitages. Tellement rares que la basse devenait pratiquement vivante, oppressante sur nos poitrines. Une musique expérimentale à son meilleur. Toute la froideur allemande dans sa splendeur.
Tim Hecker n’était pas en reste, offrant des sonorités planantes et ambiantes. Quelques timides bruitages de pianos et autres sons plus aigus – toujours noyés dans une grave nappe de basse – couronnaient la prestation.
Ben Frost quant à lui termina la soirée avec le set le plus long. Ladite basse devint alors carrément viscérale, produite par l’instrument du même nom et filtrée à travers un vieil ampli à lampes. On se demandait parfois si les craquements entendus faisaient partie de la prestation. Frost, sympathique moustachu Australien, nous rassura en frappant rageusement sur ledit amplificateur. Ouf ! Ce dernier misait beaucoup sur une nappe fixe, progressivement variée à l’aide de puissants coups de graves de même que quelques petits solos relativement bien travaillés. On aurait gagné à mieux définir les compositions, les progressions semblant quelque peu chaotiques par moments.
Ce nouveau concept des A/Visions que Mutek a introduit furent un solide morceau du festival. Visant une clientèle plus spécialisée, on se sera décidément délecté de la cuvée offerte cette année.
Dans la catégorie: Culturel • MUTEK 2010
Mots-clef: a/visions, ben frost, cm von hausswolff, musique, mutek, sat, société des arts technologiques, tim hecker, vladislav delay





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