Nocturne 2 – Le Mutek montre ses vraies couleurs
Hugo PRÉVOST
C’est sans doute ce que l’on pourrait appeler la cour des grands. Le festival Mutek a sorti les gros canons pour la seconde édition de ses Nocturnes, hier soir, et le résultat était impressionnant, mêmes si quelques aspects moins attirants ont également réussi à se faufiler, qui sur la scène, et qui, incidemment, à travers les enceintes. Au final, on retiendra la performance sans faille du Britannique Jon Hopkins.
HRDVSION
Peu à dire sur cet artiste canadien originaire de la côte ouest, si ce n’est qu’il gagnerait sans doute à s’affirmer davantage. Si le rythme était bon, on déplorera le fait qu’il soit resté caché dans l’ombre durant l’ensemble de sa performance. Un peu de lumière sur l’artiste, que diable! Les Daft Punk du monde l’auront compris, la musique électronique, qui ne peut compter sur un grand nombre de musiciens pour attirer l’oeil du public, doit tirer parti des éclairages et des effets scéniques pour captiver son public. La musique du disc-jokey était agréable, mais donnait hélas l’impression que HRDVSION avait été placé en début de soirée pour amuser les premiers arrivés, sans plus. Espérons que l’an prochain, HRDVSION ait droit à une plage horaire plus propice à quelques débordements musicaux et visuels plus que souhaitables.
Jon Hopkins
Ouf. C’est le seul mot qui vient en tête à la fin du véritable show que cet artiste originaire de Grande-Bretagne a donné hier soir sur la scène du Métropolis. Exploitant pleinement les capacités multimédia de la salle, Hopkins a si bien su mélanger performance scénique et virtuosité musicale que l’on y a vu que du feu. Ouvrant sur un rythme d’outils et de bruits électroniques divers, l’homme en imposait également sur scène, se déplaçant de façon saccadée et pianotant fébrilement sur ses consoles, tel un robot pris de folie. D’un rythme-machine, l’on est rapidement passé à quelque chose de plus animal, de plus tribal, le genre de musique qui vous accroche les tripes et vous les fait vibrer en cadence. Et aller-retour entre les bruits électro basiques et la mélodie plus structurée, plus envoûtante… Quel spectacle! De quoi passer très facilement outre l’utilisation quelque peu abusive des stroboscopes, aveuglants par moments. La musique électronique expérimentale à son meilleur.
Mouse on Mars
Ah, là, là, quelle déception! Les deux pièces disponibles sur le site du Mutek étaient pourtant prometteuses, mais le duo allemand n’a offert qu’une prestation faible, surtout en comparaison de Jon Hopkins, qui venait d’offrir une performance hors de l’ordinaire. Des paroles criardes, une mélodie répétitive, un visuel redondant, on en attendait plus de la part de Mouse on Mars. L’incrédulité, voire l’ennui, semblait se lire sur le visage de certains membres du public. Meilleure chance la prochaine fois!
Dans la catégorie: Culturel • MUTEK 2010
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