Délire ancré dans la réalité : Queen KA à l’OFFTA
Émilie PLANTE
Poète des temps modernes, la slameuse Queen KA offre une performance hors pair dans ce spectacle multifacétique qu’est Délîrïüm. Présenté aux Écuries dans le cadre de la quatrième édition de l’OFFTA, événement en marge du Festival TransAmériques (FTA), Délîrïüm conjugue à la fois théâtre et poésie.
D’emblée, Queen KA apparaît comme une jeune femme affable et animée lorsqu’elle entre sur scène pour accueillir le public. Trentenaire au regard et aux gestes expressifs, on la croit aisément née pour la scène. Accompagnée par Blaise Borbën-Léonard qui illustre en musique les séquences parlées, Queen KA offre aux spectateurs venus l’écouter une réflexion sur son époque, sur ses tourments, sur la vie d’une jeune adulte urbaine, branchée, pétillante, mais également d’une femme en quête de réponses. Car ce spectacle est très fortement teinté d’une saveur existentialiste remaniée au goût du jour. Elle aborde à sa manière des thématiques actuelles et qui la touchent personnellement: l’indifférence d’une femme par rapport à la maternité, les passions lubriques sans lendemain, la place du citoyen dans un monde où la culture du prémâché domine, et ainsi de suite.
Délîrïüm est un délire non dénué de sens, qui prend racine dans le quotidien de l’artiste. Au-dessus de sa tête, la profusion d’ampoules n’a d’égale que l’abondance de mots qu’elle clame avec éloquence. Quelques objets garnissent une scène minuscule qui participe à cette impression d’intimité entre la slameuse et le public. Le spectateur se sent presque invité dans l’univers intime de Queen KA qui parle, déclame, récite, use des mots comme d’un stratagème pour se libérer des pensées qui la hantent. Sa verve bouillante enchante, fait sourire, mais percute également la sensibilité du public, qui se trouve, lui aussi, confronté à ses propres réflexions.
Malgré des séquences dont le débit et la teneur ne laissent parfois pas au spectateur le temps de tout assimiler, Queen KA s’exécute avec brio pendant près d’une heure. À un rythme essoufflant, elle fait vibrer la salle au son de sa voix empreinte d’une effervescence qui lui est propre et d’une authenticité qu’on ne peut qu’applaudir chaudement.
Dans la catégorie: Culturel • FTA 2010
Mots-clef: blaise borbën-léonard, délirium, écuries, festival transamériques, offta, poésie, queen ka, spectacle, théâtre




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