Un cerveau artificiel dans dix ans
Hugo PRÉVOST
L’assertion peut sembler loufoque, mais la logique derrière elle paraît implacable. Devant un auditoire quelque peu clairsemé réuni au théâtre Centaur de Montréal, la semaine dernière, le professeur en vision spatiale et informatique à l’Université de York, Hugh Wilson, a indiqué que les humains seraient en mesure de construire un cerveau artificiel équivalent au cerveau humain d’ici 2020. Pas encore une réplique biologique de la matière grise, bien entendu, mais un ordinateur possédant une capacité de calcul équivalente à celle de l’Homme.
Organisée dans le cadre de la tournée canadienne de l’Institut canadien de recherche avancée (ICRA) ayant pour thème La prochaine Grande Question, cette présentation du Dr Wilson visait à démystifier quelque peu l’avancement de la science par rapport à la capacité d’imiter le cerveau humain. Et bien qu’il ne soit pas question d’en copier nécessairement toutes les fonctions, le fait est que les plus puissants des ordinateurs possèdent aujourd’hui « environ 5% de la capacité de calcul du cerveau humain, soit 10 exposant 5 opérations par seconde », a expliqué Hugh Wilson. Selon lui, les dernières estimations indiquent que le cerveau humain est capable d’effectuer 10 exposant 6 opérations par seconde.
Il y a encore loin de la coupe au lèvres, donc, mais puisque le Dr Wilson se base sur la Loi de Moore pour effectuer ses prédictions, loi spécifiant que le nombre de transistors placé sur un circuit intégré double à tous les deux ans, les scientifiques seraient en mesures, dans dix ans, d’opérer un ordinateur possédant 50% de la capacité de calcul d’un cerveau humain. Tout en indiquant, sourire en coin, que cette méthode de développement est plus rapide que la « méthode traditionnelle », qui nécessite entre 25 et 30 ans pour obtenir un cerveau humain du niveau du doctorat, Hugh Wilson indique que le plus dur ne sera pas de développer la capacité de calcul nécessaire, mais plutôt de repenser les méthodes de programmation. En effet, pas question pour lui « d’asseoir des milliers de programmeurs pour écrire tous les programmes nécessaires », il faut plutôt permettre à ce cerveau artificiel d’apprendre par lui-même en lui fournissant de l’information, à l’instar du processus d’apprentissage humain.
En intégrant une telle méthode, puis en « bourrant le crâne » sans arrêt à cette nouvelle entité – depuis quand les machines ont-elles besoin de dormir, après tout? -, un tel superordinateur serait en mesure d’être prêt à effectuer une tâche précise en environ un mois. Il serait alors possible de cloner l’information contenue dans ce cerveau pour en faire profiter autant de machines que nécessaire. Mais quelles tâches pourrait accomplir un tel mécanisme? Il ne s’agirait pas d’être aussi polyvalent qu’un cerveau humain, mais de devenir un « expert » dans une seule tâche, que ce soit la reconnaissance faciale dans un aéroport, la détection de certaines substances, voire même la recherche sur de nombreuses maladies cérébrales, où le cerveau informatique serait paralysé en partie pour mieux reproduire les conditions d’étude d’une déficience ou d’une maladie particulière.
À l’aide d’un modèle permettant à ce cortex nouveau genre d’apprendre à partir d’exemples et d’expériences et d’un « algorithme d’apprentissage », ce cerveau informatique serait la clé pour nous comprendre nous-mêmes, indique le Dr Wilson.
Dans la catégorie: Science et Technologie
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Incroyable! Bien des individus pourront en bénéficier, et ça urge!