Ô Vertigo, le vertige du coeur
Camille LEPAGE-MANDEVILLE
C’est un moment privilégié auquel le public a assisté hier à l’Usine C, lors de la première représentation d’Onde de Choc pour le Festival TransAmériques. Les huit danseurs de la compagnie O Vertigo avaient fière allure dans cette pièce qui leur est pratiquement dédiée. En effet, la chorégraphe Ginette Laurin a mis en scène une œuvre qui exsude littéralement du corps de chacun de ses interprètes. On parle évidemment ici du corps en mouvement, mais aussi du corps ébranlé par les émotions les plus intimes et agité par ses propres impulsions.
Même la musique (de Martin Messier et Michael Nyman) prend sa source dans le corps des danseurs, dont chaque pas et chaque frottement sont amplifiés par une caisse de résonance placée à l’arrière de la scène. Elle provient même parfois de stéthoscopes que les danseurs, bercés par leurs propres battements cardiaques, appliquent sur leur poitrine. C’est de là que vient le titre de la pièce, Onde de choc, qui réfère au pouls et, chez les danseurs d’O Vertigo, aux palpitations du cœur soumis à un exercice énergique et euphorique.
La performance des huit athlètes fait honneur à la formation multidisciplinaire (danse, gymnastique, mime) de Laurin. La chorégraphie est un mélange inusité d’entraide et d’individualité, où le frétillement de l’un secoue l’autre, mais où chacun s’exprime différemment. L’exaltation des sentiments, souvent mise en avant dans le travail de Laurin, ajoutée aux échos organiques livre un résultat émouvant, où les danseurs exposent leur vulnérabilité et partagent leur liesse saisissante, presque troublante, avec le public.
** Encore en salle le 29 mai (20h) et le 30 mai (16h).
Dans la catégorie: Culturel • FTA 2010
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