Festivalissimo – Il fait chaud!
Christine PLANTE
9h10 mercredi matin. On crève, et même si je me suis rendue au Complexe Ex-Centris en Bixi, le vent dans les pédales, que la clim est dans le tapis, j’ai des sueurs froides qui coulent le long de mes tempes fatiguées. Un café vite enfilé, et hop à la projection de presse du Festivalissimo, celui qui rassemble les films latino-ibériques depuis déjà 15 ans.
C’est mon amour de l’Espagne? Ou peut-être par déformation professionnelle? Quoi qu’il en soit, il me semble que ce festival si riche de découvertes et de cultures est sous-médiatisé à Montréal. Sondage! Quel est le QG de Festivalissimo? Il se déroule quand? Une paella à faire tirer à celui qui me relate ses aventures filmiques les plus colorées avec ce bijoux du patrimoine hispanophone!
Bref. 9h10, il fait chaud, j’ai encore les yeux collés à la nuit, j’arrive à la salle Parallèle avec quelques minutes de retard. Plan flou sur un jeune homme non identifié qui se masturbe, et Angela, qui en fait tout autant, mais en avant-plan. Le couple ne se regarde pas. On se tourne le dos. Comme si l’un des deux était atteint d’un stade avancé du sida, ou de ce symptôme de la distance rapprochée, celui des gens qui font l’amour sans amour.
Mes bouffées de chaleur tombent en même temps que ma personne qui s’expire dans un fauteuil.
J’ai assisté mercredi à «La Sangre y la lluvia» (Le sang et la pluie). Un film sombre, triste, qui se déroule dans les quartiers chauds de Bogota, mais qui respire une certaine froideur, tout au long des péripéties des personnages noirs. Angela, après avoir remis ses petites culottes, erre dans les rues, «à la recherche d’un sens à sa vie», avant de rencontrer Jorge, un chauffeur de taxi désaxé, et dévasté par la récente mort de son frère.
La Sangre y la lluvia [Colombie] Jorge Navas / 2009 / V.O.esp S.T. ang.
Lundi 7 juin, 21h30
Vendredi 11 juin, 17h30
Mais plus près de nous, ce week-end en fait, le festival promet de faire voyager ses visiteurs…
La Feria – fiesta del baile
27 au 30 mai, de midi à minuit.
Cette année, Festivalissimo enfile ses tenues de salsa, de flamenco, de tango y venga ! Dans la rue, direction Sainte-Catherine entre Guy et St-Mathieu. Au programme, cours et spectacles, de midi à minuit et du 27 au 30 mai, bouffe, musique et activités, pour se clôturer dimanche avec la grande Art Feria familiale. Et comme toute bonne fiesta latina, on promet d’en mettre plein la vue, avec un défilé d’artistes, des piñata géantes, et rebelote les moments forts des derniers jours. C’est ainsi qu’on pourra dire, et à propos cette fois: Olé, Olé, Olé, Olé!
En sélection officielle
Pour le reste, l’avenir nous dira si la sélection 2010 aura des saveurs de grand cru. Mais vous savez bien, votre fidèle pieuvre saura vous rapporter les arômes les plus notoires.
D’ici là, l’équipe recommande Crab Trap, de Oscar Ruiz Navia et de Colombie. Film d’ouverture présenté en présence du réalisateur, ce long-métrage primé à Berlin et à La Havane raconte l’histoire d’un village aux prises avec les conséquences sociales de l’appât du gain. Los pecados de mi padre (Les pêchers de mon père), pour sa part, promet une visite du quotidien d’un enfant de la drogue. Fils d’un narcotrafiquant notoire, figure mythique de la mafia colombienne, Juan Escobar a longtemps renié ses racines, de l’exil au pseudo, avant de pouvoir faire face à son passé et à son legs. «Applaudi par le public du monde entier, ce documentaire évoque avec force les fantômes et les drames humains d’une époque hantée par le crime».
Le programme complet de l’événement peut être téléchargé ici.
Dans la catégorie: Culturel
Mots-clef: colombie, crab trap, festival, festivalissimo, film, la feria, la sangre y la illuvia, latin, latino



