Conte de fées… paraît-il!
Martin PRÉVOST
Quel dommage! En effet, quel dommage de noyer une si grande musique et un très bon livret dans cette extravagance mal assurée et surtout trop assumée dont nous a gratifié Renaud Doucet, le metteur en scène de Cendrillon, sur la musique de Jules Massenet dont la première était présentée samedi dernier à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts.
Cette grande mascarade n’avait pas grand-chose pour appuyer le très bon travail du chef Jean-Yves Ossonce et de l’Orchestre Métropolitain, non plus que celui, des interprètes de la fée marraine, Marianne Lambert (quels aigus!) du prince charmant, Frédéric Antoun, ni de Lucette elle-même (Cendrillon), Julie Bouliane. Si la voix du père et celle de la marâtre ne portaient pas toujours assez, elles étaient toutefois justes et bien expressives.
Le choix de situer l’œuvre dans le contexte des années cinquante, au sein d’un environnement très, très «american way of life» peut se justifier et on est prêt à embarquer quand on nous dévoile le décor du premier acte. Magnifique, cette cuisine en trompe-l’œil, où tout est surdimensionné. Cependant, on risque de perdre le fil dès le changement de décor alors que la facture du cabaret où se déroule le bal offert par le roi, n’a plus rien à voir avec le style précédent. Il y aura cependant un rappel du premier style lors du troisième acte. C’est à ne plus s’y retrouver. Pire, le remplissage d’un moment musical sans voix, une première fois par les pitreries répétitives des prétendantes de la noblesse et une seconde par une séance au ciné-parc, nous infligeant des films d’archives de mariages nord-américains des années 50. Jusqu’où ira-t-on pour démocratiser l’opéra? Offrir du maïs soufflé aux spectateurs en pleine représentation? Oubliez cette idée, elle vient d’être utilisée. Misère!
Quel dommage, redis-je, car la musique fut fort belle, l’orchestre très égal, expressif et les chanteurs talentueux et bien charmants. Après avoir attendu près de 100 ans pour une nouvelle production de cette œuvre, à Montréal, on se serait attendu à mieux. Drôle de soirée.
Dans la catégorie: Culturel
Mots-clef: années 50, cendrillon, cinéparc, critique, Culturel, opéra, opéra de montréal, orchestre métropolitain, salle wilfrid-pelletier





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