Replonger dans la tourmente
Hugo PRÉVOST
Les attentes étaient particulièrement élevées, hier, à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, et pour cause : le groupe britannique Porcupine Tree revenait en sol montréalais, moins d’un an après son précédent passage au Métropolis. L’excellent album The Incident était à nouveau au programme, en plus de quelques pièces tirées du – très vaste – répertoire du quintette. Que cela a-t-il donné, me demanderez-vous? Rien de moi qu’une performance purement et simplement extatique.
Il y avait, il faut l’avouer, un certain biais positif envers Porcupine Tree; après tout, leur première visite pour mousser leur dernière galette au sein de la métropole avait été plus qu’excellent. On ne pouvait alors qu’espérer que le groupe réussisse à se surpasser, tout en redoutant un spectacle décevant. Heureusement, toutes les attentes furent comblées, et ce pendant près de trois heures de pur délice audiovisuel. Difficile, par contre, de mettre de côté l’apport en qualité sonore de la salle elle-même, autrement mieux construite que le Métropolis. Avec un espace plus vaste, et donc une meilleure capacité de réverbération, Porcupine Tree avait ainsi l’occasion de véritablement projeter sa musique, et non pas de simplement la catapulter en-dehors des enceintes.
Meilleur choix, également, en ce qui concerne le groupe invité; les membres de Big Elf ont tour à tour bercé et fait vibrer la salle au fil de leurs mélodies s’apparentant à la fois à certains airs de jeux vidéos, du rock progressif semblable à Black Mountain, sans oublier les très fortes influences provenant de Deep Purple, de Led Zeppelin, mais aussi de Motley Crüe et d’Aerosmith. Un mélange quelque peu particulier, certes, mais qui était agréable à l’oreille. Pas inoubliable, mais tout de même mémorable.
Outre son dernier album-concept, Porcupine Tree a décidé de brasser un peu les cartes et de nous offrir une seconde partie de prestation grandement différente par rapport à leur précédent spectacle. Les amateurs ont entre autres eu la chance d’entendre Hatesong, Stars Die, Bonnie the Cat, mais aussi Anesthetized, jouée avec une fougue et une énergie dépassant toutes les espérances. Du grand art, rien de moins.
Et en rappel? Du bonbon : deux pièces tirées de l’album In Abstentia, Blackest Eyes et Trains, des classiques du groupe.
Au final, Porcupine Tree a de nouveau offert un voyage au centre de la pensée, des émotions. Mélancolie, peine, désespoir, mais également amour, la musique de Porcupine Tree vient saisir à pleine mains les tripes de celui qui écoute les douces mélodies, mais également les accords sauvages, violents, libérateurs. Porcupine Tree, c’est une plongée au coeur de la vie elle-même, une damnation dont on ne peut s’évader qu’à la toute fin, alors que se profile, tout au loin, l’hypothèse d’une rédemption.
Dans la catégorie: Culturel
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