A+ pour Minus One

Cindy LECLAIR

Minus One c’est sept pièces, toutes différentes, mais qui se complètent et semblent répondre à la question Pourquoi  danser? Le chorégraphe Ohad Naharin présente avec succès à travers la troupe des Grands, le mystère du corps et du mouvement, et ce à travers le couple, les groupements hommes, femmes et mixtes, la danse avec le public et en solo. Le corps est déconstruit, observé, sculpté, tatoué et l’on ressort du spectacle avec une certitude de la nécessité de la danse dans notre société, et ce à tous les niveaux, professionnel et amateur, public ou intime, gracieux ou péniblement travaillé.

Photo: Jesus Vallinas, Grand Ballets canadiens

Ce spectacle nous offre une passe à l’arrière-scène du spectacle. On est amené à participer, et à réfléchir. Les danseurs se confient à nous ; en toute humanité, la vie avec ses petits secrets et ses bizarreries. On sort de la salle avec le sentiment d’avoir compris un peu plus en quoi consiste la danse, le troisième mur est brisé. La pièce est épurée, par ses costumes simples en coupes et en couleurs, mais efficaces pour habiller ces corps. Elle est épurée aussi dans sa mise en scène ; un sceau d’eau, des chaises et des échasses sont les seuls accessoires sur une scène sans décor, mais on n’en ressent pas le manque, car ce sont les corps et les âmes qui habitent la scène.

La musique est tour à tour traditionnelle, moderne et même un peu kitsch (on a eu droit entre autres à un Sway de Dean Martin et à un Que sera sera modernisé), mais toujours efficace. La première danse, primée par le prix Bessie à New York, prépare bien nos oreilles et nos yeux à une soirée quelque peu délirante avec une chanson du groupe Tractor’s Revenge et leur version rythmée de Ehad Mi Yodea (Qui connaît Un? en français, la réponse est : Un est Dieu), chanson cumulative traditionnelle de la Pâque juive sur laquelle ondulent et sautent en groupe toute la troupe. Cette première partie est tout simplement hypnotisante et vaut à elle seule le détour. Elle explique aussi un peu le titre de la soirée. Minus One, ou Moins Un en français, qui peut être interprété de différentes façons que l’on voit la danse d’une façon plutôt divine ou séculaire.

En somme, un spectacle à ne pas manquer pour tout amateur de danse, de spectacle et de vie.

Les Grands Ballets Canadiens de Montréal présentent la très célèbre pièce Minus One d’Ohad Naharin au théâtre Maisonneuve de la Place des Arts pour six soirs du 6 au 15 mai 2010.

Dans la catégorie: Culturel

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  1. [...] This post was mentioned on Twitter by Hugo Prévost, lapieuvre. lapieuvre said: A + pour Minus One – lisez notre critique de ce ballet sur Pieuvre.ca, un texte de Cindy Leclair http://bit.ly/aW1Fa0 [...]

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