Tosca : «J’ai donné mes chants aux étoiles pour embellir les cieux»

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Daphné Brouillet

Présentée le 7 octobre 1980, Tosca de Giacomo Puccini, l’œuvre inaugurale de l’Opéra de Montréal, est remise sur scène pour célébrer le 30e anniversaire de la compagnie.

Rome, juin 1800, le sacristain Mario Cavaradossi aide son ami Angelotti, prisonnier politique qui vient tout juste de s’évader du Château Saint-Ange, à échapper au chef de police Scarpia. Lorsque ce dernier le découvre, il se sert de la maîtresse de Cavaradossi, l’ardente cantatrice Floria Tosca, pour retrouver les fugitifs à son insu. Celle-ci doit alors user d’ingéniosité et de courage pour sauver celui à qui elle voue un amour inconditionnel. Malgré les stratagèmes de Tosca pour assurer à son couple un avenir heureux et détaché des vilénies terrestres, les amoureux sont condamnés au destin réservé aux héros d’opéra…

La tragédie devient particulièrement impressionnante grâce à la synergie de tous les acteurs à l’œuvre dans cette production. Pour ajouter à la magnifique performance de la soprano Nicola Beller Carbone dans le rôle titre (elle avait pourtant de grands souliers à chausser, la référence absolue étant l’interprétation de 1953 de Maria Callas), les éclairages riches d’Anne-Catherine Simard-Deraspe et les décors imposants de Jean-Pierre Ponnelle décuplent l’intensité dramatique. N’oublions pas ici la mise en scène soignée de Michael Cavanagh et la baguette de maître du chef d’orchestre Paul Nadler. Tous ces éléments réunis ont conquis la salle, qui a donné comme cadeau d’anniversaire à l’OdM une ovation debout. Même si l’on doit admettre que ces dernières ne sont pas rares à Montréal, celle d’hier était tout à fait justifiée.

Dans un contexte dans lequel le cynisme et l’ironie dominent l’environnement médiatique et artistique, et où plusieurs créateurs craignent le spectaculaire, le grandiose, comme le H1N1, l’hymne à la beauté de l’amour et de l’art qu’est Tosca devient d’autant plus émouvant.

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